L’apprentissage du côté de l’entreprise formatrice

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L’apprentissage du côté de l’entreprise formatrice

Le modèle d’apprentissage suisse ne cesse d’être décrit comme l’un des meilleurs au monde, au point que nos voisins européens tentent régulièrement d’en tirer des leçons à mettre en œuvre dans leur propre système de formation.

A travers la lorgnette qu’offre l’apprentissage d’employé de commerce, l’avis des entreprises formatrices se révèle également positif.

Pour Olivier Duguenet, responsable des apprentis au département des ressources humaines de l’Union européenne de radio-télévision (UER), «la présence d’apprentis, au nombre de six actuellement, dans notre département est une plus-value. Nous les considérons comme des collaborateurs à part entière et essayons de les responsabiliser au maximum. Mieux encore, grâce à son regard neuf, l’une de nos apprenties nous a permis de faire évoluer notre processus. Enfin, l’aspect humain de la formation, les échanges qui en découlent sont extrêmement positifs pour les formateurs».

Temps de travail: 10%

Un constat que partage Eric Severac, responsable comptabilité et finance au Graduate Institute, qui forme trois apprentis. «La première année est la plus difficile, puisqu’il faut encadrer solidement l’apprenti qui débute dans le monde professionnel. Peu à peu, il devient plus autonome, au point de pouvoir, l’année suivante, nous venir en aide lors de la formation de son successeur de première année.»

Pour René Baum, chef expert responsable de la CIFC Genève,(lire encadré ci-contre) le constat est le même. «Un formateur consacre environ 10% de son temps de travail à la formation. Cependant, cette estimation diminue avec le temps et selon la capacité de l’apprenti à devenir plus ou moins rapidement autonome.»

Structures mieux adaptées à la formation en entreprise?

On s’en doute, ces 10% de temps de travail que consacre en moyenne le formateur à ses apprentis n’ont pas les mêmes répercussions selon la taille de la structure formatrice. Une PME de quelques employés ne peut pas encadrer de la même façon son apprenti qu’une firme multinationale. Pour Carine Kay-Tami, credit & collection manager à l’UER, «la taille de notre entreprise, soit trois cent cinquante employés, semble idéale pour accueillir des apprentis. Nous souhaiterions en former deux de plus, soit huit au total, au cours de l’année 2018-2019. Quant aux objectifs à atteindre, nous n’avons aucun problème à remplir l’ensemble du cahier des charge mis en place par la CIFC».

Surtout dans les PME

Pour Anouk Thibaud, responsable du Refuge de Darwyn, association implantée sur la commune de Bernex et qui vient en aide aux chevaux maltraités, la question de la taille de l’entreprise d’accueil se pose. Tout en soulignant l’importance et l’utilité du système, elle précise que prendre un apprenti est une contrainte pour le Refuge. «Il est nécessaire que l’apprenti en formation ait déjà été impliqué dans la vie du Refuge et connaisse son fonctionnement. Dans une structure qui ne compte que sept employés, nous ne pouvons pas nous permettre de passer trop de temps dans le bureau à former une personne de l’extérieur. Ainsi, certaines tâches administratives ne peuvent pas être déléguées à notre apprenti. Certes, les apprentis représentent une aide intéressante, mais il ne faut pas imaginer que nous essayons de trouver une main-d’œuvre bon marché. Ils représentent plutôt un coût, que nous assumons, car nous l’envisageons comme une mission d’utilité publique.»

Si la situation du Refuge de Darwyn sort de l’ordinaire en raison de sa très petite taille et de son statut associatif, son cas n’est sans doute pas isolé: une bonne partie des cinq cents apprentis actuellement en formation à Genève sont employés dans des PME. Celles-ci, rappelons-le, forment plus de 70% du tissu économique genevois et vont sans doute bénéficier des changements implémentés en milieu d’année. Prochaine étape pour la CIFC: la réforme de 2022, qui devra sans doute relever le défi de la digitalisation, révolution sans précédent dans le monde du travail. Objectif affiché: que l’apprentissage continue d’être la pierre angulaire de l’économie suisse.

Source:   Entreprise Romande  | 14 juin 2018 | Jérémy Stanning

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  • 18 juin 2018

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