Financer le rachat d’une PME

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Financer le rachat d’une PME

Les banques soutiennent certes par des prêts le tissu local des PME existantes afin d’assurer leur pérennité, mais il n’est pas toujours facile d’obtenir un crédit.

Une part importante de fonds propres doit être apportée par l’acheteur, le reste étant complété par un prêt bancaire ou par un crédit vendeur.

Les critères pour obtenir un prêt bancaire

Bien que plus enclines à prêter à un cadre qui rachèterait l’entreprise à son patron, les banques font passer une multitude de tests au repreneur avant de lui octroyer un prêt. Outre les analyses de bilans, de business plan, les compétences personnelles et professionnelles de l’acquéreur sont passées au peigne fin.

«Nous évaluons l’acheteur sous toutes ses formes. Ses qualités personnelles sont importantes, mais il doit avant tout être capable de reprendre une entreprise et de la diriger. Au-delà des compétences professionnelles, nous analysons également sa situation familiale et enfin bien sûr sa situation financière» commente Martial Décoppet, Responsable Région Vaud, Credit Suisse.

« L’obtention d’un prêt dépendra à 50% des capacités de la personne qui se porte acheteur, de ses valeurs humaines, de son CV, son parcours et de sa connaissance du secteur. Les autres 50% portant sur l’analyse des chiffres et de la capacité à rembourser», précise Joël Maibach, spécialiste de ce type de transaction chez UBS.

Combien de fonds propres faut-il en moyenne pour racheter une PME ?

Bien que le marché regorge de liquidités, il faut encore avoir suffisamment de fonds propres pour se lancer dans une opération de rachat. Les normes varient selon les cas. Pour les grandes banques, la norme se situe entre 25 à 50% de fonds propres.

Pour Jean-Daniel Gebhard, responsable PME Nyon, Banque Cantonale Vaudoise « Nous demandons en règle générale un apport minimum de 20% de fonds propres ainsi qu’une caution personnelle de l’acquéreur plus ou moins importante selon les cas. »

M. Gebhard poursuit «Dans le cas où la banque est déjà celle de l’entreprise, nous avons accès à plus d’information comme sa rentabilité, ses produits, ses clients et de ce fait la capacité à l’emprunteur de rembourser. Il nous arrive parfois dans ce cas de demander moins de fonds propres.»

Peut-on recourir à d’autres formes de prêts que celui de la banque ?

Dans les cas de MBO, le cadre qui rachète l’entreprise à son patron se voit souvent octroyer un «prêt vendeur». Le cédant préfère aider son repreneur afin d’assurer la continuité de son entreprise plutôt que d’en retirer immédiatement un profit élevé. Il prend un risque s’il compte sur cet argent, par exemple, pour compléter sa retraite. A noter que le prêt vendeur ne sera remboursé qu’après le prêt bancaire. Cela permet à l’établissement bancaire de sécuriser son prêt. Dans ce cas, le vendeur garde souvent un rôle plus ou moins actif dans la société, soit en tant que membre du conseil d’administration soit comme consultant externe.

Pour Martial Décoppet du Credit Suisse, «le potentiel de l’entreprise, sa capacité d’endettement et sa rentabilité durable et historique sont des éléments qui permettent de déterminer sa capacité annuelle de remboursement, et donc l’appétit de crédit de la Banque.»

Rentabilité de l’entreprise : un facteur clé dans le calcul de la valeur du rachat

«Souvent surestimés par le vendeur, les revenus futurs de la société ne sont pas les seuls critères qui forment la valeur de rachat de la société. Nous nous intéressons également au potentiel du marché dans lequel évolue la société» précise Jean-Daniel Gebhard.

Credit Suisse collabore depuis plusieurs années avec l’Université de St-Gall sur la publication d’études ciblant la thématique de la succession d’entreprise. Cette dernière révèle que «tout règlement de succession présuppose de fixer un prix pour l’entreprise à transmettre. Celui-ci dépend aussi de la relation personnelle existant entre le cédant et le successeur. Les membres de la famille et les amis ont souvent un prix plus avantageux.»

Une durée de remboursement selon le secteur d’activités

La durée de remboursement des crédits octroyés par les banques varie selon les secteurs d’activités. Les secteurs en forte mutation, tels que ceux de l’IT, connaissent des développements fulgurants et nécessitent ainsi des courts délais de remboursement. Une activité de fiduciaire par exemple aura une durée de remboursement plus longue.

La moyenne des prêts bancaires se fait sur une durée de 5 à 7 ans, généralement de manière linéaire. «Les normes fixées par Crédit Suisse se calent sur la durée moyenne d’un cycle conjoncturel.» précise Martial Décoppet.

Quelles sont les garanties demandées par les banques ?

«Aucun crédit bancaire n’est attribué à titre individuel. Une société d’acquisition (appelée holding) est en général constituée par l’acheteur. Le crédit bancaire est accordé à la holding afin que l’acquéreur ne s’endette pas à titre personnel et protège son patrimoine privé. Cela permet aussi une optimisation de distribution du dividende de la société d’exploitation sur la société d’acquisition, notamment pour assurer le service de la dette» conclut Martial Décoppet.

"Avec ce type de schéma, nous assurons le flux de fonds entre l'emprunteur et la société opérationnelle via la prise en garantie des titres de la société faisant l'objet de la transaction. Nous pouvons également conseiller de souscrire à des polices d'assurance risque pur pour parer le risque de non remboursement en cas de décès de l'acheteur", complète Joël Maibach.

Pour Jacques Meyer, le financement de la reprise d’une société est une affaire complexe. Ce ménage à trois (Acheteur – Banque – Vendeur) est souvent LA solution qui permet d’assurer le succès d’une reprise d’entreprise.» On n’achète pas une entreprise comme un bien immobilier. Son financement est souvent plus ardu.

Source: pme-successions.ch / 28.09.2017

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  • 09 oct 2017

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