"La bonne nouvelle, c’est que tout le monde se sent concerné"

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"La bonne nouvelle, c’est que tout le monde se sent concerné"

Depuis l’automne, l’Union Patronale du Canton de Fribourg (UPCF) et la HEG forment les PME fribourgeoises à appréhender la digitalisation.

Comment relever les défis du numérique lorsque l’on est une PME fribourgeoise? Depuis l’an dernier, l’Union Patronale du Canton de Fribourg (UPCF) a pris cette question à bras le corps. Après une phase de sondage (La Liberté du 8 mai 2019), l’organisation qui représente 75'000 emplois a mis en place depuis l’automne dernier des formations pour ses membres, regroupées sous le nom «FriDigital». Alors que la première volée termine son cursus, Daniel Bürdel, directeur-adjoint de l’UPCF et responsable des formations, dresse un premier bilan.

Quels sont les buts de cette formation?

Nos sondages auprès des entrepreneurs ont été riches en enseignements. Une très grande majorité d’entre eux estimait la digitalisation importante, mais seuls 18% disaient disposer d’une vraie stratégie. Or, la formation était citée en premier dans les soutiens nécessaires. Nous avons donc réagi en mettant en œuvre ce cursus, qui peut s’accompagner d’un «digital check» (diagnostic numérique) par des chefs de projets de la HEG.

Les entreprises ont-elles répondu à l’appel?

Sur les quatre modules prévus, nous avons pu en organiser trois, notamment sur la cybersécurité qui était la première préoccupation des entreprises. Le module sur l’e-commerce n’a pas atteint le nombre d’inscriptions nécessaire, mais dans l’ensemble nous sommes satisfaits. Si l’on prend en compte que les cours sont dédoublés en allemand, cela fait six modules sur huit. Il y a une demande, c’est positif. Et nous apprenons continuellement. L’e-commerce, par exemple, arrivait peut-être trop tôt pour des entreprises dans des secteurs comme la construction.

Avez-vous déjà des retours des participants?

Le premier enseignement, c’est que chaque cas est particulier ou presque: il est difficile de contenter tout le monde et de trouver un dénominateur commun. Certaines entreprises sont déjà bien avancées dans le processus tandis que d’autres ont besoin de connaissances de base. Nous devrons dans le futur être plus clairs sur les niveaux, quitte à proposer plusieurs versions, avec des prérequis parfois.

 

« La digitalisation offre très vite des perspectives de plus-value » 

 

Quelles sont les principales difficultés pour les entreprises?

La réponse tient en cinq lettres: le temps! Nous avons été agréablement surpris de constater que presque toutes les PME interrogées ont envie d’explorer les nouveaux terrains numériques, et que c’est le temps qui manque plutôt que l’argent ou les compétences. C’est rassurant que tout le monde se sente concerné, indépendamment de la taille de l’entreprise ou de son secteur d’activités. Nous avons tenté de nous adapter à ces ressources limitées en mettant en place des formations accélérées. Reste que trouver les bonnes dates pour avoir suffisamment de participants tient du défi: est-ce que les patrons ont envie de suivre des formations du soir en plus de leur travail, pendant l’été et en plein Euro de foot? (rires)

Les entrepreneurs viennent-ils eux-mêmes suivre les formations?

Il y a de tout: les cours ciblent tant les dirigeants que les employés. Prenons un patron d’une petite PME. Est-ce qu’il a intérêt à se former lui-même ou à dégager des moyens pour engager quelqu’un? Toutes les entreprises ne peuvent avoir un community manager qui gère réseaux sociaux et site internet, mais est-ce qu’un patron qui actualise lui-même son site internet réussira à le maintenir à jour sur la durée? Le métier d’employé de commerce est en train d’évoluer: la gestion des réseaux sociaux et l’e-marketing va sans doute se faire une place à côté des mails et d’Excel. Le plus important, c’est qu’il y ait une prise de conscience.

Ces investissements sont-ils rentables? 

C’est le message que l’on essaie de faire passer: non seulement les entreprises se doivent d’être présentes en ligne en 2020, mais la digitalisation offre très vite des perspectives de plus-value. Nous essayons d’avoir le discours le plus positif possible. Même pour une entreprise de construction, la digitalisation est alléchante. Cela va de gérer les livraisons jusqu’au building information modeling (BIM), une technologique qui modélise tout un bâtiment numériquement et qui change drastiquement la manière de construire. Les modèles sont là, c’est pour accompagner les entreprises dans cette grande aventure que nous nous sommes alliés avec la HEG.

 

Source : La Liberté / 14.02.2020 / Jérémy Rico et Adrien Schnarrenberger

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  • 17 février 2020
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